Catalogne : Madrid suspend l'autonomie de la région.

 |  Posted by Rishi Gopaul  |  0
Printer-friendly versionSend by emailPDF version
Rajoy

Mariano Rajoy a repris la situation en main en Catalogne. Le chef du gouvernement espagnol a demandé samedi au Sénat de destituer le gouvernement catalan de Carles Puigdemont afin de convoquer de nouvelles élections pour empêcher la sécession de la Catalogne. Le gouvernement séparatiste de Catalogne n'a pas laissé à Madrid d'autre choix, a affirmé Mariano Rajoy, dont le parti dispose de la majorité absolue au Sénat, après un conseil des ministres extraordinaire. Invoquant un article jamais encore utilisé de la Constitution, le dirigeant conservateur a demandé au Sénat de lui confier la faculté de dissoudre le Parlement catalan, afin de «  convoquer des élections dans un délai maximum de six mois  ». Mariano Rajoy demande aussi que tout le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont soit démis de ses fonctions, qui seront exercées «  en principe par les ministères [nationaux] aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle  ».

Carles Puigdemont menace de faire proclamer formellement l'indépendance de la Catalogne, une région grande comme la Belgique qui représente 19 % du PIB espagnol. Il se fonde sur un référendum d'autodétermination qu'il a organisé le 1er octobre en bravant l'interdiction de la justice et où, selon lui, 43 % des Catalans ont voté, à 90 % pour l'indépendance. 

Les mesures annoncées par le chef du gouvernement espagnol seront soumises à l'approbation du Sénat, attendue pour la fin octobre. Mariano Rajoy a récemment reçu vendredi soir un soutien éclatant du roi Felipe VI et de l'Union européenne. Le roi d'Espagne est intervenu dans cette crise, la pire qu'ait traversée le pays depuis la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975, en assurant que l'État saurait face à cette « tentative inacceptable de sécession [...] avec ses institutions démocratiques légitimes ». « Nous ne voulons pas renoncer à ce que nous avons construit ensemble », a-t-il déclaré lors de la remise du prix Princesse des Asturies, dont l'Union européenne était un des lauréats.