Londres: recrudescence d’attaques à l’acide

 |  Posted by Christelle Lebrasse  |  0
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Le Royaume-Uni est confronté à une recrudescence d’attaques à l’acide ces dernières années. Le phénomène inquiète les autorités car le recours à des liquides corrosifs tend à devenir l’arme privilégiée des règlements de compte notamment entre gangs à Londres.

Le nombre d’agressions à l’acide sulfurique a augmenté de 30% en deux ans : selon la police métropolitaine, 454 cas ont été répertoriés en 2016 contre 261 en 2015. Depuis 2010 plus de 1800 attaques impliquant une substance corrosive ont été signalées à Londres. Des chiffres qui font de la Grande-Bretagne le pays où le nombre d’agressions à l’acide par individu est le plus élevé, selon les experts qui craignent que le phénomène ne soit en réalité beaucoup plus étendu, car malgré un certain nombre de dépôts de plainte, nombre de victimes n’osent pas se signaler à la police ni poursuivre leurs agresseurs.

La majorité des attaques à l’acide sont perpétrées par de jeunes hommes souvent contre des femmes par dépit amoureux, soit parce qu’elles ont repoussé leurs avances, soit parce qu’elles ont mis fin à leur relation. Comme ça s’est avéré être le cas il y a quelques semaines : l’ex-petit ami d’une vedette de télé-réalité a jeté de l’acide sur une foule de danseurs dans une boîte de nuit de Londres : 22 personnes ont été blessées dont deux grièvement qui auront besoin de soins à vie. Mais ce qui est frappant c’est que les deux tiers des victimes sont en fait des jeunes hommes visés au visage, mais aussi au torse et ce genre de représailles, actes de vengeance ou intimidation, est en train de devenir l’arme favorite des gangs notamment dans les quartiers de l’Est londonien.

Les agressions à l’acide défrayaient déjà la chronique à l’époque victorienne. L’acide sulfurique qu’on appelait vitriol est d’ailleurs une invention britannique. A l’époque les attaques étaient très sévèrement punies, souvent de mort et avaient fini par décliner. Aujourd’hui les experts expliquent cette résurgence par le fait qu’il est facile de se procurer de l’acide sulfurique en vente dans n’importe quel magasin de bricolage ou sur internet. C’est une arme qui ne coûte pas cher et qui en termes de poursuites pénales contrairement à une attaque au couteau, n’est pas considérée comme tentative de meurtre, mais comme coups et blessures et entraîne une peine plus légère. Ce qui explique pourquoi pour le moment la police a le plus grand mal à faire face au phénomène et pourquoi aussi de plus en plus de voix demandent au gouvernement de renforcer la loi et les sanctions contre ce type d’attaques.